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Introduction
La reconstruction de la France
après la seconde guerre
Les forces politiques de la IVe République
 et l’instabilité gouvernementale
Les combats de la Quatrième République
La chute de la IVe République


Introduction

La IVe République occupe une place particulière dans l’histoire politique contemporaine de la France. Sa longévité est très largement inférieure à celles de la IIIe République ou de la Ve République. Le rôle qu’y a joué un homme, le général de Gaulle est important et paradoxal : il a favorisé la fondation de la IVe République après l’effondrement du gouvernement de Vichy et il a contribué à sa chute en lui substituant en 1958 une nouvelle République. Le poids du héros du 18 juin a pesé lourd sur l’image négative de la IVe République qui a sombré dans les risques de guerre civile que faisait peser la guerre d’Algérie. La IVe République est pourtant née à la Libération, de l’esprit de résistance porteur d’une volonté d’unité nationale. Elle est née aussi avec la volonté d’une modernisation sociale et économique de la France dans le cadre de l’état-providence et de la planification. Mais malade de son instabilité gouvernementale, elle a dû affronter tour à tour les problèmes posés par la guerre froide avec un parti communiste influent, et les problèmes de la décolonisation.

La reconstruction de la France après la seconde guerre

La fondation politique

La nouvelle constitution est adoptée en 1946, mais ne retenir que la chronologie institutionnelle pour fixer l’acte de naissance de la IVe République est réducteur.

La phase préliminaire : Alger

La IVe République a connu une assez longue gestation politique dans des circonstances particulières. Le général de Gaulle annonce une quatrième République à Alger dès le 14 juillet 1943. Cela signifie qu’il dénie toute légitimité à Vichy (la République n’a pas cessé d’être) mais qu’il ne désire pas pour autant revenir à la Troisième République. L’invention de la République s’est faite entre Alger et Paris, de juin 1943 à août 1944. Juin 1943 marque l’institution du Comité français de libération nationale CFLN qui devient le GPRF le 8 juin 1944 après que le général de Gaulle eut éliminé le général Giraud le 9 novembre 1943. De Gaulle affirme de sa légitimité intérieure et internationale. Le 25 août 1944 le général de Gaulle et le Conseil national de la résistance se retrouvent à l’Hôtel de ville d’un Paris libéré. De Gaulle refuse d’y proclamer la République puisque, pour lui, Vichy est « nul et non advenu ». De fait, de Gaulle présidait déjà un gouvernement républicain qui fut transféré d’Alger à Paris. Ce fut le second GPRF. Le 12 septembre il en appelle à une « extraordinaire unité nationale » pour faire appliquer les lois républicaines.

La gestation de la nouvelle République se fait aussi dans un contexte d’épuration. Elle est spontanée dès mai 1944, légalisée ensuite par la mise en place de quatre juridictions spéciales (Cour de justice, Chambres civiques, Haute Cour) ou ordinaires (Tribunal militaire). Pendant l’été et l’automne 1945 la Haute Cour juge les principaux responsables du gouvernement de Vichy comme Pétain, Laval et Darnand. Pétain condamné à mort est gracié en raison de son âge. Des intellectuels comme Brasillach sont exécutés. Mais il existe une volonté très nette de privilégier ensuite l’unité nationale.

Vers la constitution de 1946

Le processus dura plusieurs mois entre la date du premier référendum du 21 octobre 1945 où 96 % des Français et Françaises, conformément aux vœux du général de Gaulle, se prononcent en faveur de l’instauration d’une nouvelle République et où 66 % approuvent la limitation des pouvoirs de l’Assemblée constituante et le 13 octobre 1946, date à laquelle les Français adoptent avec moins d’unanimité le deuxième projet constitutionnel par référendum. Entre temps, le général de Gaulle démissionne en janvier 1946.

Comment s’expliquent ces atermoiements et la nécessité de deux projets constitutionnels ?

Les partis politiques qui participent à l’élaboration de la constitution ne sont pas d’accord entre eux. La renaissance des partis est très largement induite de leur attitude passée et de leurs rapports avec la Résistance. Les trois partis vainqueurs de l’élection de la Constituante de 1945 sont le Parti communiste français, PCF, (26,1 % des suffrages et 148 sièges), le Mouvement républicain populaire, MRP, (25,6 % et 143 sièges) et le parti socialiste, SFIO, (24,6 % et 135 sièges). La droite modérée discréditée n’obtient que 14,4 % des suffrages et 65 sièges et le parti radical qui s’identifie à la troisième République, 9,3 % des suffrages et 31 sièges. Le parti communiste français qui se qualifie de « parti des 75 000 fusillés » est celui qui s’est le plus largement engagé dans la résistance. Ce parti dirigé par Maurice Thorez participe au GPRF et adopte une attitude légaliste. Le MRP, parti de la résistance chrétienne antimarxiste, apparaît comme proche du général de Gaulle. C’est un parti héritier des formations chrétiennes-démocrates de l’entre-deux-guerres qui n’avaient jamais constitué une force importante. La participation de ces chrétiens démocrates à la résistance favorise la création du MRP.

La S.F.I.O., après une épuration interne, préconise un socialisme humaniste sous l’influence de Léon Blum et de Daniel Mayer qui cherchent à créer un parti rénové et travailliste. Cependant l’opposition de ceux qui se veulent fidèles au marxisme et à une laïcité de combat face aux chrétiens fait échouer le projet.

De même, il n’y eut pas, après la guerre, de formation d’un grand parti de la Résistance. L’Union démocratique et socialiste de la Résistance, UDSR, constituée en mai 1945 par des petits groupes de résistants de l’Union travailliste ne parvint à se faire qu’une place modeste sur la scène politique.

Les trois principaux partis, PCF, MRP et SFIO ont donc la lourde tâche de mener à bien le processus constitutionnel. Or d’un côté s’affirme la gauche marxiste, de l’autre le MRP. Celui-ci subit un premier revers avec la démission du général de Gaulle, le 20 janvier 1946, qui se heurte à l’Assemblée sur la question du budget militaire et qui n’est pas fondamentalement d’accord avec le pouvoir des partis. Le MRP ne quitte pas pour autant la scène politique et accepte de signer avec les deux autres partis la charte du Tripartisme le 24 janvier 1946. Les partis de gauche proposent un projet constitutionnel qui est rejeté par les Français au référendum du 5 mai 1946 parce ceux-ci refusent l’omnipotence d’une seule chambre. Les élections du 2 juin 1946 pour l’élection d’une seconde Constituante donnent la première place au MRP cette fois avec 28,2 % des suffrages et 161 sièges, le PCF vient en seconde position avec 26,4 % et 146 sièges, la SFIO demeure à la troisième place avec 21,3 % et 115 sièges. Le second projet constitutionnel relève d’un compromis entre le MRP et la SFIO. Le bicamérisme est rétabli (Assemblée nationale et Conseil de la République) ; il est déséquilibré au profit de l’Assemblée nationale. Pour le général de Gaulle, la place de l’exécutif est mal définie ce qui conduit à un parlementarisme mal contrôlé qui ne peut que favoriser un régime des partis. Mais le discours de Bayeux du 16 juin 1946 suivi du discours d’Épinal du 22 septembre ne sont pas entendus par les électeurs qui, beaucoup par conviction et d’autres par lassitude, votent en faveur du second projet au référendum du 13 octobre 1946 (53 % OUI, 37 % NON mais un tiers d’abstentions).

La multiplication des consultations, les rationnements qui n’ont pas cessé avec la fin de la guerre, les séquelles de l’épuration, les déceptions de n’avoir pas pu prolonger l’esprit de la Résistance pour certains et constituer un grand parti émanant d’elle expliquent que la IVe République soit née sans enthousiasme.

 

Les institutions de la IVe République accordent la prépondérance à l’Assemblée nationale, élue pour 5 ans au suffrage universel, maîtresse de ses sessions, de son ordre du jour, de son règlement. Elle investit le gouvernement, peut le renverser et vote seule la loi. Le conseil de la République ne peut qu’émettre des avis. Le président de la République est élu pour sept ans par le Congrès réunissant les deux Chambres. Vincent Auriol, socialiste, est le premier président de la République ; celui-ci acquiert de fait plus de pouvoirs en raison de l’instabilité gouvernementale ; c’est lui qui désigne le président du Conseil investi par l’Assemblée nationale à la majorité absolue. Dans l’esprit de la constitution, l’Assemblée nationale doit investir un homme et son programme ce qui est pour lui source de légitimité et d’autorité au sein de son gouvernement. En fait Paul Ramadier, le premier président du Conseil, a la maladresse, après avoir été investi personnellement, de faire approuver ensuite la composition de son gouvernement.

La pratique de la « double investiture » favorise la prolongation des crises ministérielles. L’instabilité est également accentuée par le non respect des conditions qui entourent la question de confiance (posée par le conseil des ministres, délais imposés, majorité absolue). Les présidents du Conseil démissionnent avant de la poser. Enfin le droit de dissolution qui représente une arme du président du Conseil est assorti de conditions difficilement réalisables.

Le bon fonctionnement des institutions implique en outre des majorités franches rendues difficiles par le scrutin à la proportionnelle et par l’indiscipline des partis. Or le tripartisme, alliance entre les partis MRP, PCF et SFIO éclate en mai 1947 avec le renvoi des ministres communistes.

La reconstruction économique et sociale

La France sort affaiblie de la guerre. Elle compte 600 000 morts au combat auxquels s’ajoutent les décès supplémentaires consécutifs aux privations et le déficit de naissances pendant la guerre. La production de charbon a diminué de moitié en 1944 et la production industrielle est réduite de 60 % par rapport à 1938. Le parc immobilier est très touché et les infrastructures sont en partie détruites. La production agricole a baissé de plus du tiers par rapport à 1938. Tickets de rationnement et marché noir subsistent jusqu’en 1948-1949 ce qui nourrit les déceptions et les tensions sociales. Cependant, la France ne manque pas d’atouts hérités de l’avant-guerre. La compréhension et l’adaptation des idées keynésiennes chez les hauts fonctionnaires expliquent le choix de la planification, les Assurances sociales des années trente favorisent la mise en place de la Sécurité sociale. Jean Monnet qui remet une note au général de Gaulle le 5 décembre 1945 fixe un double objectif à la planification : le redressement économique de la France et l’évolution vers une démocratie participative favorisée par la concertation entre tous les acteurs socioprofessionnels.

Pierre Laroque dans sa présentation de la Sécurité sociale insiste sur les principes de la généralité et de la solidarité nationale. La Sécurité sociale est mise en place par les ordonnances des 22 février, 4 et 19 octobre 1945 et couvre tous les risques ; contrairement au souhait de Pierre Laroque, la généralisation est rendue difficile par les résistances des intérêts corporatifs, en particulier celles des salariés du secteur public qui voulaient garder leurs « droits acquis » et l’hostilité des travailleurs indépendants qui y voient un impôt supplémentaire. Les salariés du secteur privé ont été les premiers à en bénéficier et la loi du 22 mai 1946 qui prévoit la généralisation n’est appliquée que très progressivement. Le financement de la Sécurité sociale est assuré par les prélèvements sur les revenus de travail (employeurs et salariés) et les caisses sont gérées par les partenaires sociaux.

Les réformes des secteurs industriels dans leurs dimensions économiques et sociales sont réalisées avant la fin de l’année 1946. Les réformes structurelles telles que les nationalisations qui ont touché le secteur automobile (Renault), de l’énergie (Charbonnages de France, GDF-EDF) des transports (Air France) et du crédit ont été dictées par des mobiles différents (punitions pour faits de collaboration, rôle moteur dans l’économie). La période 1948-1952 est aussi celle de la cohérence d’une politique économique inspirée par Jean Monnet. Le premier plan joue un rôle essentiel dans le redémarrage de l’économie française y compris avec les réajustements nécessaires dans le cadre de l’aide du Plan Marshall qui s’élève pour la France en y ajoutant les prêts 1945-1947 à 4672,4 millions de dollars. 1947-1952 est « une période écrit Philippe Mioche où le pragmatisme du Plan Monnet devient le plus grand dénominateur commun d’une politique fondée sur un projet libéral (arrêt des nationalisations, ouverture des frontières) équilibré par la mise en œuvre de grands principes keynésiens (investissements productifs, déséquilibres budgétaires) ». Le PNB français à prix constants, sur la base 100 en 1938, s’établit à 121 en 1950 et se situe dans la très bonne moyenne européenne.

Malgré ces bonnes performances, la France souffre d’inflation liée au déséquilibre entre les prix et les salaires. La spirale inflationniste se traduit par une hausse des prix due aux pénuries, celle-ci provoque une hausse des salaires et comme la production ne suit pas, elle nourrit la hausse des prix. En outre le franc est surévalué par rapport au dollar. Deux politiques s’affrontent celle de Pierre Mendès-France, ministre de l’Économie en septembre 1944, qui préconise la rigueur avec notamment un échange de billets avec blocage pour éponger le pouvoir d’achat excédentaire et celle de René Pleven plus souple. Le général de Gaulle tranche en faveur de René Pleven parce qu’il ne veut pas imposer de sacrifices supplémentaires dans une période rendue déjà difficile par les rationnements et au nom de l’unanimité nationale. Cet arbitrage provoque la démission de Pierre Mendès-France en avril 1945. Pleven cumule les Finances et l’Économie nationale, décide en juin 1945 d’un échange de billets sans blocage et lance en juillet un « impôt de solidarité ». En décembre, le gouvernement dévalue le franc (7,46 mg d’or contre 20 en 1939) mais ces mesures sont insuffisantes et l’inflation devient l’un des problèmes économiques majeurs de la IVe République.

Les forces politiques de la IVe République et l’instabilité gouvernementale

La chronologie de la IVe République peut se décliner autour des législatures et des majorités de coalition. On distingue classiquement la période du tripartisme qui dure jusqu’en mai 1947, date du renvoi des ministres communistes puis c’est la constitution de la Troisième Force de 1947 à 1952, suivie de la domination du centre-droit entre 1952 et 1954, date des gouvernements de Pierre Mendès-France en juin 1954 puis celui d’Edgar Faure en février 1955. Enfin une dernière période s’ouvre avec les élections de janvier 1956 et l’arrivée au pouvoir de Guy Mollet, leader de la SFIO. La dernière phase s’achève en 1958, date à laquelle la IVe République s’effondre faute d’avoir su ou pu régler le problème algérien.

  • Le Tripartisme se disloque en mai 1947 lorsque le président du Conseil Paul Ramadier, socialiste, demande la démission des ministres communistes qui ont rompu la solidarité gouvernementale en refusant la question de confiance au gouvernement après s’être abstenus dans le vote des crédits militaires pour poursuivre les combats en Indochine. Cet épisode est très largement le reflet de la guerre froide. Le PCF de Maurice Thorez, dans sa fidélité à l’URSS, condamne la guerre d’Indochine, s’oppose à la construction européenne sous l’égide des États-Unis et dans l’immédiat soutient les grandes grèves de 1947 et 1948 encadrées par la CGT. La dislocation du tripartisme qui avait procédé à l’élaboration des institutions de la République a des conséquences négatives sur son fonctionnement.
  • La Troisième Force désigne une coalition centriste qui regroupe le MRP et la SFIO ainsi que les radicaux. Le parti radical qui est sorti très amoindri de la Troisième République occupe très vite des postes importants. Edouard Herriot préside l’Assemblée nationale et Gaston Monnerville le Sénat. Des radicaux exercent la fonction de président de Conseil comme Henri Queuille en septembre 1948, en juillet 1950 et mars 1951, René Pleven en juillet 1950, août 1951 et Edgar Faure en janvier 1952. Henri Queuille qui a commencé sa carrière sous la IIIe République imagine le système des apparentements applicable aux législatives de 1951. Il permet à des forces coalisées qui obtiendraient la majorité absolue des suffrages exprimés de recevoir la totalité des sièges qui seraient répartis entre elles. Cette loi doit affaiblir le PCF et le RPF, les deux partis d’opposition qui refusent les apparentements.
    Dans les gouvernements de la Troisième Force siègent également des membres du Centre National des Indépendants, formation de droite constitué par Roger Duchet en 1948. La droite, qui est sortie discréditée de la guerre, refait surface non sans mal après l’échec de la tentative du Parti républicain de la Liberté, PRL. Roger Duchet, ancien membre du parti radical et maire de Beaune, réussit à unir les forces de droite au sein du CNI créé en décembre 1948 ; celui-ci devient le Centre national des Indépendants et paysans, CNIP, avec l’adjonction de formations paysannes de Paul Antier et de Camille Laurens en 1951. Le CNIP devient ainsi la principale force de la droite parlementaire sous la IVe République grâce à ses premiers succès aux législatives de 1951 où elle profite des apparentements (Les Indépendants obtiennent 91 sièges dont 14 apparentés, les républicains indépendants 43 membres dont 3 apparentés et les Paysans 36 et 6 apparentés). Cette victoire, qui n’est pas éclatante mais néanmoins décisive, explique aussi l’investiture d’Antoine Pinay en mars 1952 et la domination du centre-droit après la dislocation de la Troisième force sur la question scolaire. Les socialistes ne pardonnent pas au gouvernement du radical René Pleven d’avoir fait voter la loi Barangé (MRP) -Barrachin (RPF) le 11 septembre 1951 qui prévoit des allocations aux familles d’enfants fréquentant les écoles primaires publiques mais aussi privées.
    La Troisième Force doit faire face à l’alliance objective de deux principaux partis d’opposition le PCF d’une part, et le Rassemblement du Peuple français, RPF, créé par le général de Gaulle en avril 1947.
    Après son départ du gouvernement en janvier 1946, le général de Gaulle annonce à Strasbourg la création d’une formation politique qui se veut différente d’un parti classique d’où l’appellation de Rassemblement et l’acceptation de la double appartenance. Très anticommuniste, défenseur de la souveraineté nationale, le RPF fait son entrée aux élections municipales d’octobre 1947 où il conquiert plus d’un tiers des villes de plus de 30 000 habitants. Mais la déception vient vite avec le demi-échec aux législatives de juin 1951 qui se traduit par 16,8 % des inscrits et 118 députés. Le RPF est cependant en deuxième position derrière le PCF. Les deux partis ont été pénalisés par la loi des apparentements votée contre eux. Le RPF se disloque après le vote de 27 députés RPF en faveur d’Antoine Pinay en 1952. Il survit à travers les républicains sociaux de Jacques Chaban Delmas pendant que le général de Gaulle entame une « traversée du désert » qui dure jusqu’en 1958. Le PCF se raidit dans sa fidélité à l’URSS et l’orthodoxie marxiste ; s’il perd des suffrages et des adhérents surtout entre 1948 et 1952 (perte de 445 000 adhérents) il existe bien une culture communiste alimentée par la propagande, les manifestations comme la fête de l’Huma et le pouvoir d’influence auprès des intellectuels, devenus compagnons de route comme Jean-Paul Sartre quand ils n’ont pas la carte du parti comme Aragon.
  • Entre 1952 et 1954 le gouvernement est dominé par le centre-droit avec les gouvernements d’Antoine Pinay, leader du CNIP, le 8 mars 1952, de René Mayer, radical le 8 janvier 1953 puis d’un autre indépendant Joseph Laniel le 28 juin 1953. Les conditions de l’investiture d’Antoine Pinay méritent quelques remarques. Antoine Pinay était peu connu du grand public ; il avait pourtant été secrétaire d’État aux Affaires économiques en 1948, ministre des Travaux Publics de 1950 à 1952 et sur le plan local il avait renoué une brillante carrière locale, comme député de la Loire et maire de Saint-Chamond. En 1952, Vincent Auriol a proposé sa candidature pour lever comme il disait l’hypothèque de la droite. À la surprise générale il fut investi par 324 voix contre 206 grâce aux voix de son propre parti le CNIP, une majorité de MRP et de radicaux qui ne pensaient pas tous à son succès et surtout grâce aux voix de 27 députés du RPF qui ont bravé le courroux du général de Gaulle qui refusait toute compromission avec le régime honni. En fait beaucoup de ces députés étaient des transfuges de l’ancienne formation de droite, le Parti républicain de la Liberté, qui s’était créé au lendemain de la guerre. Certains appréciaient aussi le programme de redressement financier présenté par Antoine Pinay. Libéral, pragmatique, celui-ci propose la réduction du déficit budgétaire, l’utilisation de l’emprunt plutôt qu’une nouvelle surcharge fiscale, la baisse des prix par la persuasion, une amnistie fiscale. « L’expérience Pinay », comme le disent les journaux, est marquée par un retour à la confiance et si elle ne remplit pas toutes ses promesses sur le plan économique, elle est un réel succès psychologique qui fait d’Antoine Pinay le président du Conseil le plus populaire de la IVe République avec Pierre Mendès-France. Mais son gouvernement est de courte durée et le président du Conseil démissionne le 22 décembre constatant l’effritement de sa majorité avec l’hostilité du MRP et les réserves des radicaux. Lui succèdent les gouvernements de René Mayer, radical et de Joseph Laniel indépendant. Les compositions des gouvernements sont très proches de celui d’Antoine Pinay dominées par le centre-droit. Mais cette coalition s’effrite sans qu’il y ait clairement de solution de rechange comme le montre la difficile élection du successeur de Vincent Auriol à la Présidence de la République. René Coty, un modéré est élu au 13e tour de scrutin. La querelle de la CED dont les traités ont été signés sous le gouvernement Pinay mais non ratifiés, le développement de la guerre d’Indochine avec la chute de Dien Bien Phu le 7 mai 1954 entraînent la chute du gouvernement de Joseph Laniel.
  • Le gouvernement Pierre Mendès-France investi le 18 juin 1954 marque un changement. Ce radical, qui a commencé sa carrière à Louviers dans l’entre-deux-guerres, fait partie des réformateurs de son parti ; il entend opposer à la politique d’immobilisme du centre droit un programme de modernisation de l’économie et de la société françaises. Il propose le règlement du problème indochinois dans un délai d’un mois. Il a le soutien de hauts fonctionnaires, des intellectuels, de médias comme l’Express, de la jeunesse. S’il peut régler les problèmes indochinois et tunisien, la brièveté de son mandat l’empêche de réaliser tous ses projets mais il reste très présent dans la mémoire collective des mendésistes et de la gauche française en général.
    Edgar Faure, un autre radical, lui succède en février 1955 mais la guerre d’Algérie qui éclate avec l’insurrection du FLN le 1er novembre 1954 paralyse les gouvernements. Edgar Faure est le seul président du Conseil à avoir pu prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale.
    Les élections ont lieu le 2 janvier 1956. Le Front républicain composé des socialistes, d’une majorité radicale mendésiste et d’UDSR et d’une partie des républicains sociaux sort vainqueur des élections et amène au pouvoir Guy Mollet, le leader de la SFIO. Les élections de janvier 1956 sont également marquées par une poussée de l’extrême droite avec l’élection de 52 députés de l’Union de Défense des Commerçants et Artisans dirigé par Pierre Poujade, le papetier de Saint-Céré. C’est là la manifestation d’une fraction de la société française qui ne participe pas à la croissance. L’extrême-droite se renforce avec les défenseurs de l’Algérie française. En effet, si le gouvernement de Guy Mollet est marqué par des ouvertures incontestables : ouvertures sociale avec la troisième semaine de congés payés, européenne avec la signature des traités de Rome sur la CEE le 25 mars 1957, coloniale avec la loi cadre Defferre en 1956, il ne parvient pas à enrayer la guerre d’Algérie pas plus que ses successeurs Bourgès-Maunoury en juin 1957, et Félix Gaillard en novembre 1957. La IVe République est alors en sursis.
    La chronologie rapide de la IVe République souligne l’instabilité gouvernementale. Pas moins de 25 gouvernements avec une durée moyenne de six mois. Le gouvernement Guy Mollet qui dure seize mois est une exception. Cette instabilité doit cependant être nuancée par la permanence des acteurs politiques. Robert Schuman l’un des leaders du MRP est président du Conseil et plusieurs fois ministre, il en est de même de Pierre Pflimlin, d’Edgar Faure, d’Henri Queuille, de René Pleven chez les radicaux, d’Antoine Pinay et de biens d’autres. Le ministère des Affaires étrangères est une chasse gardée du MRP au début de la IVe République avec Georges Bidault ou Robert Schuman qui demeure en fonction sans interruption de 1948 à 1952. Mais cette permanence ne peut empêcher les dysfonctionnements de gouvernements qui vivent au jour le jour sous la pression constante des parlementaires et de majorités instables et incohérentes et qui ne peuvent guère avoir de politique à très long terme. Les crises ministérielles durent trop longtemps entraînant ainsi la vacance du pouvoir. Celle de février 1952, après la chute du gouvernement d’Edgar Faure, dure plus d’un mois jusqu’à ce qu’Antoine Pinay soit investi. Celle de 1957 qui s’ouvre avec la chute du gouvernement de Bourgès Maunoury est la plus longue du régime et dure 36 jours du 30 septembre au 5 novembre. Et pourtant, il y eut la réforme de 1954. Celle que l’on appelle « la réformette » est votée le 7 décembre 1954 sous le gouvernement de Pierre Mendès-France. Elle tente de simplifier les procédures d’investiture du président du Conseil ; celui-ci se présente avec la liste de son gouvernement devant l’Assemblée qui l’investit à la seule majorité simple au lieu de la majorité absolue. En cas de dissolution le gouvernement demeure en place jusqu’aux élections ; c’est ce que fait Edgar Faure en décembre 1955. Il y a rééquilibrage du bicamérisme puisque le Conseil de la République retrouve les pouvoirs législatifs de l’ancien Sénat de la Troisième république mais la réforme n’a guère d’effets en raison de la gravité des problèmes et de la division des partis.

Les combats de la Quatrième République

Les combats économiques et sociaux

C’est finalement dans ce domaine que le bilan n’est nullement négatif. La IVe République est inventive, avec la planification et la mise en place de la Sécurité sociale qui ne sont certes pas des solutions totalement nouvelles en Europe, mais qui permettent un redressement économique après la phase de reconstruction qui s’achève en 1950 et qui favorise l’évolution vers une démocratie plus sociale. Le tournant libéral amorcé après 1947 ne remet pas en cause les caractères de l’Etat-providence.

L’inflation qui est très vite l’un des fléaux de la IVe République est temporairement maîtrisée grâce à des mesures gouvernementales comme le recours à l’impôt, les dévaluations, celle de 1948 puis celle de 1949 qui fixe le franc à 2,539 mg d’or lui redonnant sa valeur réelle. La stabilisation est remise en cause par la guerre de Corée en juin 1950 qui favorise une hausse très importante des matières premières. S’y ajoutent des facteurs psychologiques, les industriels profitant de l’inflation pour majorer leurs prix, les agriculteurs exigeant la hausse des prix agricoles et les salariés des hausses de salaires.

Le gouvernement d’Antoine Pinay, profitant du renversement de conjoncture avec la fin de la guerre de Corée, parvient à enrayer la spirale inflationniste par la persuasion, puis à partir de septembre contre un retour à une hausse des prix à la consommation par des mesures de blocage. Il lance également un emprunt indexé sur l’or mais contrairement aux prévisions, celui-ci n’apporte guère d’argent frais, 200 milliards sur 428. L’équilibre budgétaire est réalisé grâce à 110 milliards d’économies mais celles-ci sont réalisées en grande partie au détriment des investissements. La stabilisation financière s’accompagne donc d’une récession économique.

Entre 1953 et 1957, l’économie française connaît une croissance qui la place en tête des pays européens et qui ne s’accompagne pas d’inflation. « L’expansion dans la stabilité » comme la qualifie Edgar Faure, ministre des Finances puis président du Conseil entre 1953 et 1955, se traduit par le dynamisme et la modernisation de certains secteurs comme le secteur énergétique (électricité et hydrocarbures) mais aussi le dynamisme des industries de consommation considérées comme prioritaires dans le second plan, le plan Hirsch ; les secteurs de l’automobile, des appareils ménagers, les dépenses de santé avec la mise en place de la sécurité sociale sont en croissance. Les biens de consommations culturels se développent avec la multiplication des magazines féminins comme Elle « l’hebdomadaire de la femme moderne » créé en 1945, des revues pour la jeunesse comme Tintin et Spirou, avec l’importance de la radio comme Radio Luxembourg, Europe 1 créée en 1955, Radio Monte Carlo, Radio Andorre. Le nombre de postes de radio qui s’élevait à 5,3 millions en 1946 passe à 10,5 millions en 1958.

La France entre véritablement dans une autre ère, celle que Jean Fourastié dit être les « Trente Glorieuses » jusqu’en 1973. L’expansion démographique est un facteur favorable à la consommation. Le taux de natalité est de 20 pour mille entre 1946 et 1954 puis de 18 pour mille à la fin de la période, le taux de mortalité diminue jusqu’à 12 pour mille, et en 1958 la population française s’élève à 44,3 millions mais le pays doit faire appel à une main-d’œuvre étrangère.

La croissance profite aux classes moyennes salariées des secteurs public et privé. Le rôle accru de l’État favorise la multiplication des fonctionnaires ; c’est l’émergence des cols blancs qui s’accentue dans les décennies suivantes car en 1954 les employés de bureaux ne représentent encore que 8,5 % de la population active et les cadres supérieurs 1,8 % mais la IVe République connaît bien les débuts de cette mutation importante de la société française.

Pierre Poujade au Vel d'Hiv en 1955

La modernisation de l’économie et de la société française sous la IVe République ne concerne pas tous les Français. Le secteur agricole est en difficulté. La France rurale est archaïque, caractérisée par le morcellement des terres et la faible mécanisation. Le film Farrebique illustre assez bien ce que sont les campagnes françaises les plus déshéritées. L’exode rural fait partir 600 000 travailleurs entre 1953 et 1957. Les artisans et commerçants ne profitent pas forcément de la croissance. La politique de stabilisation des prix d’Antoine Pinay, la création des polyvalents et des contrôles fiscaux mécontentent les professions indépendantes. Si on ne peut pas encore parler de la concurrence des grandes surfaces, c’est le nombre pléthorique des petits commerçants qui explique aussi leur gêne. L’exode rural leur porte un coup dur dans les campagnes désertées. Pierre Poujade trouve donc un écho très favorable dans sa lutte antifiscale.

La République connaît à nouveau des difficultés financières dans ses dernières années. L’inflation repart avec la hausse du prix du pétrole consécutive à la fermeture du canal de Suez pendant six mois en 1956 puis à cause du coût de la guerre d’Algérie. Celle-ci a des conséquences sur la main d’œuvre. L’envoi du contingent la raréfie et favorise les pressions salariales. Par ailleurs la France doit importer des armes pour faire face aux besoins de l’armée. Face au déficit commercial et à la crise des changes, Félix Gaillard, le jeune ministre des Finances puis président du Conseil radical, lance un plan de redressement en juin 1957 qui préconise l’encadrement du crédit, la suppression de nombreuses taxations et la compression de dépenses mais il n’a pas le temps d’en tirer les fruits. L’effort sera repris par le gouvernement de Gaulle et son ministre Antoine Pinay en juin 1958.

Le bilan économique et social de la IVe République est donc plus positif que ne le dit la légende noire très largement orchestrée par le pouvoir gaulliste. C’est sous la IVe République que la prise en compte du social fait évoluer la démocratie libérale vers l’État providence, c’est sous la IVe République que s’amorce la modernisation de l’économie et de la société française. Mais l’inflation et le coût des guerres coloniales masquent ainsi de belles réalisations.

Le combat pour l’Europe

Les gouvernements de la IVe République ont très largement participé à la construction européenne ; celle-ci est liée à la guerre froide qui oblige les démocraties occidentales à se regrouper sous la protection américaine dans le cadre de l’OTAN, en application du traité de l’Atlantique nord, signé en 1949. Le Plan Marshall lancé par les États-Unis en juin 1947 favorise également les regroupements économiques européens dans le cadre de l’Organisation Européenne de Coopération Économique, OECE, en 1948. L’idée d’États-Unis d’Europe lancée par Churchill à Zurich le 16 septembre 1946 fait son chemin face à la menace communiste. Ce sont la conférence de la Haye en mai 1948 et la création du Conseil de l’Europe le 5 mai 1949. La construction européenne passe aussi par la réconciliation franco-allemande et c’est là tout le mérite des gouvernements français de la IVe République que d’avoir su renoncer aux revendications françaises de l’après-guerre soutenues par de Gaulle puis par Bidault et d’avoir favorisé ainsi la réconciliation. Le premier pas décisif fut réalisé dans le cadre de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, CECA, inspiré par Jean Monnet dans le but de réguler la production et le marché sidérurgique et charbonnier. Robert Schuman en France, Adenauer en RFA et de Gasperi en Italie, tous trois démocrates-chrétiens, en assument la réalisation. S’y ajoute la participation du Benelux. La CECA se dote d’un organisme supranational, la Haute Autorité.

Jean Monnet et Robert Schuman

Organigramme de la CECA

Le processus a subi un contrecoup grave avec l’affaire de la Communauté européenne de défense, la CED. Les États-Unis engagés dans la guerre de Corée font savoir aux Européens en 1950 qu’ils souhaitent que la RFA participe à l’effort commun de défense. C’est pour éviter le réarmement allemand qui suscite les craintes pour ne pas dire l’hostilité de l’opinion française, que Jean Monnet et le président du Conseil René Pleven proposent la CED, c’est-à-dire une armée européenne qui contrôlerait un réarmement très limité de la RFA. Mais le projet, qui est accepté par le gouvernement allemand d’Adenauer, est rejeté par l’Assemblée nationale française en août 1954. C’est là le résultat d’un long processus qui divise les partis politiques français. Deux sont contre la CED mais aussi contre la construction européenne telle qu’elle se fait dans ces années-là ; il s’agit du Parti Communiste qui y voit une machine de guerre américaine et du RPF du général de Gaulle qui refuse le réarmement allemand et qui s’oppose à toute idée d’une Europe supranationale parce qu’elle signifie l’amputation de la souveraineté nationale. À l’opposé le MRP est le parti le plus favorable au processus européen et son plus ardent défenseur en est Robert Schuman. Le MRP, comme ses homologues les partis chrétiens-démocrates allemand et italien, pense que l’Europe est le meilleur rempart contre la menace communiste. Les autres partis, comme le parti radical ou la SFIO, sont partagés. Les socialistes furent très déçus par la répugnance de l’Angleterre travailliste à l’entreprise européenne ; les travaillistes craignaient en effet qu’un engagement européen ne leur fasse perdre les acquis du Welfare State, les liens privilégiés avec le Commonwealth et avec les États-Unis. Guy Mollet en 1950, « place le danger russe avant le danger allemand » et entraîne la SFIO à se rallier très largement à l’entreprise européenne mais il ne parvient pas au consensus sur la CED. La droite libérale du CNIP est divisée en deux tendances, l’une très hostile à l’Europe par crainte de la concurrence de l’économie allemande et très hostile à la CED, l’autre minoritaire, qui avec Roger Duchet et Antoine Pinay, est européenne de raison. C’est d’ailleurs sous le gouvernement Pinay que sont signés les traités sur la CED en mai 1952 mais Antoine Pinay et ses successeurs n’ont pas le courage de faire ratifier les traités car ils savent leurs propres partis divisés. Le problème est finalement débattu à l’Assemblée nationale le 30 août 1954 sous le gouvernement de Pierre Mendès-France, bien décidé à sortir de l’impasse. Il estime insuffisantes les concessions de dernière minute que lui font les partenaires de la France à la conférence de Bruxelles réunie du 19 au 24 août. Le recours à la motion préalable est le moyen juridique trouvé par les anticédistes pour enterrer le projet en mettant fin au débat. La question préalable est votée par 319 voix contre 264. 53 socialistes, soit la moitié du groupe, ont voté contre la CED malgré les consignes de Guy Mollet. Ces parlementaires comme Jules Moch, Daniel Mayer ou Max Lejeune furent temporairement exclus. Finalement la France doit accepter le réarmement allemand et l’accession de la RFA à l’OTAN à la suite des accords de Paris en octobre 1954. Le Pacte de Bruxelles devient l’Union de l’Europe occidentale, UEO, avec une compétence en matière de défense.

La crise de la CED affaiblit les partis et contribue aux dysfonctionnements de la vie politique de la IVe République. Pourtant celle-ci a à son actif la réconciliation franco-allemande qui est rendue possible par l’acceptation de l’intégration de la RFA dans les instances européennes et par le règlement du conflit franco-sarrois. La France en effet a obtenu au lendemain de la guerre le rattachement économique de la Sarre mais lui laisse une autonomie politique. La RFA réclame le retour de la Sarre comme Land à part entière et dénonce les conventions franco-sarroises signées le 3 mars 1950.

Pierre Mendès-France en 1954 fait savoir à Adenauer que la signature des accords sur l’UEO dépend d’une entente sur la Sarre. Le 23 octobre 1954, Pierre Mendès-France et Adenauer signent une convention qui prévoit pour la Sarre un statut européen sous l’égide de l’UEO et le maintien d’une coopération économique franco-sarroise. Mais ils n’ont pas prévu que, le 25 octobre 1955, les Sarrois rejetteraient par référendum le statut européen. Antoine Pinay, alors ministre des Affaires étrangères, en prend acte et le gouvernement de Guy Mollet ensuite conclut le traité du 27 octobre 1956 : la Sarre réintègre la démocratie allemande en janvier 1957.

La IVe République a également à son actif d’avoir participé à la relance européenne à la conférence de Messine les 1er, 2 et 3 juin 1955. Le résultat en est la signature des traités de Rome en mars 1957 instituant le Marché commun et une Communauté européenne de l’énergie atomique Euratom.

Dans le domaine européen, il est donc difficile de ne pas reconnaître les efforts des différents gouvernements. La réconciliation franco-allemande est bien antérieure au traité de l’Élysée de janvier 1963 et les principales institutions européennes ont été mises en place sous la IVe République.

Le combat pour la décolonisation

Les conséquences de la guerre

La IVe République est confrontée au problème de la décolonisation tout comme le sont d’autres puissances coloniales, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Belgique. La contestation des tutelles coloniales s’amplifie à la fin de la guerre : les peuples colonisés pensent en effet obtenir une juste compensation au prix de leur sang versé dans leur participation obligée au conflit mondial. Le président américain Roosevelt manifeste son anticolonialisme qui inspire le point 3 de la Charte de l’Atlantique, le 12 août 1941. La Charte des Nations Unies, du 25 juin 1945, contient également des articles traitant de la question coloniale. En Asie, les revendications nationalistes sont encouragées par la victoire des communistes en Chine et par la création de la Chine populaire par Mao en 1949. En outre, l’empire français a été fragilisé par la défaite de la France en 1940, par les conflits entre Vichy et le général de Gaulle, par la domination des Alliés en particulier avec la libération de l’Afrique du nord et par l’influence américaine qui soutient l’émancipation des peuples colonisés.

Les revendications nationalistes s’expriment pendant la guerre, en Tunisie avec la réactualisation du programme du Néo-Destour, au Maroc avec la création du parti de l’Indépendance, l’Istiqlâl en 1944. Les principaux élus musulmans en Algérie rédigent le manifeste du peuple algérien qui est remis à Einsenhower le 10 février 1943. L’Indochine dirigée par l’amiral vichyssois Decoux est devenue une base arrière des Japonais : profitant de l’effondrement de Vichy, les Japonais font un coup de force le 9 mars 1945 et incitent Bao Dai, Empereur d’Annam, à proclamer l’indépendance, le 11 mars ; l’Indochine connaît une situation confuse avec les Japonais qui freinent leur départ, les Chinois au nord, les Britanniques et les Français au sud pendant que les communistes vietminh sous la direction d’Hô Chi Minh manifestent leur volonté d’indépendance.

 

Le général de Gaulle apporte une réponse très partielle au désir de changement en suggérant l’idée d’une Union française à la conférence de Brazzaville en 1944. L’idée est reprise par les constituants de 1946. L’Union française, que préside le Président de la République, regroupe autour de la métropole les Départements d’outre-mer et les Territoires d’outre-mer, DOM-TOM, qui sont les anciennes colonies, les territoires associés et les États associés. En effet, la loi du 19 mars 1946 sur la départementalisation transforme le statut des quatre « vieilles colonies », Guadeloupe, Martinique, Réunion et Guyane qui deviennent des départements d’outre-mer. Le Haut Conseil et l’Assemblée de l’Union française composée par moitié de représentants de la France et par moitié de représentants des DOM-TOM et des États associés en sont les organismes consultatifs. Entre les deux projets constitutionnels, fut promulguée la loi Lamine Gueye, le 7 mai 1946, qui accorde la citoyenneté française aux ressortissants de l’Empire. En fait le contenu de la citoyenneté n’est pas défini et si la loi sur la départementalisation est assez bien accueillie, son application est jugée insuffisante en particulier par les élus antillais. Quant à l’Assemblée de l’Union française, si elle permet une représentation des colonies, elle n’a pas de pouvoir.

Si ces réformes représentent un réel progrès pour ceux qui les ont proposées, elles sont jugées insuffisantes par les nationalistes.

Ainsi les crises s’accumulent. Après avoir perdu toute influence sur ses anciens mandats Syrie et Liban, objet de rivalité avec la Grande Bretagne, la France réprime durement l’insurrection de Madagascar en mai 1947, comme celle de Kabylie, et commet de graves erreurs d’appréciation de la situation en Indochine.

La guerre d’Indochine

Ho Chi Minh, président de la République démocratique du Vietnam du Nord en 1955

Elle est née tout à la fois des contradictions du gouvernement français et de la détermination d’Ho Chi Minh. Le gouvernement français du général de Gaulle fixe le statut d’une Fédération indochinoise qui se substitue à celui d’une colonie, le 24 mars 1945. La fédération indochinoise doit faire partie de l’Union française et regrouper les trois Ky, c’est-à-dire le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine ainsi que le Laos et le Cambodge. Le 2 septembre 1945 après s’être emparé du pouvoir à Hanoi, Hué et Saigon, Hô Chi Minh qui, comme tous les patriotes, veut l’unité du Viet-Nam, c’est-à-dire des trois KY, proclame l’avènement d’une République démocratique du Viet-Nam. Le général de Gaulle fait confiance à deux de ses fidèles pour dénouer le problème indochinois. L’amiral Thierry d’Argenlieu, est nommé haut commissaire français. Le général Leclerc fut placé à la tête du corps expédionnaire et reprend les positions vietminh en Cochinchine et au sud de l’Annam. Thierry d’Argenlieu pense que la rivalité entre Chinois et Vietnamiens peut faciliter des négociations franco-indochinoises. Il envoie une lettre à de Gaulle en ce sens. Le 21 janvier 1946 de Gaulle démissionne mais d’Argenlieu et Leclerc demeurent en poste en Indochine. Hô Chi Minh, partagé entre l’URSS qui le met en garde contre les Chinois et la Chine communiste, accepte les négociations avec les Français qui se concrétisent par les accords du 6 mars 1946 qui stipulent que : « Le gouvernement français reconnaît la République du Viet-nam comme un État libre ayant son gouvernement, son Parlement, son armée et ses finances, faisant partie de la fédération indochinoise et de l’Union française ». La France négocie le départ des Chinois et s’engage à ne pas remettre en cause l’unité des trois KY.

La guerre est née du non respect de ces accords. Le Viet Minh y voit le moyen de temporiser en attendant d’être les plus forts. L’amiral d’Argenlieu refuse l’accord qui a été négocié dans l’urgence par Leclerc et le conflit entre les deux hommes s’envenime. D’Argenlieu use de son pouvoir pour freiner les applications de l’accord alors que Leclerc quitte l’Indochine le 13 juillet. D’Argenlieu soutient la proclamation d’une République provisoire de Cochinchine par les colons et l’idée d’une fédération d’État sans union des trois Ky. Hô Chi Minh part au même moment pour la France. La conférence de Fontainebleau réunie du 6 juillet au 14 septembre 1946 avec Hô Chi Minh se solde par un échec.

La politique de d’Argenlieu, qui fait bombarder le quartier vietnamien d’Haiphong le 23 novembre provoque l’insurrection d’Hanoi le 19 décembre marquée par le massacre de Français et l’entrée en clandestinité de Hô Chi Minh, ce que Leclerc voulait éviter à tout prix. Marius Moutet, ministre socialiste de la France d’outre-mer, venu sur place, est convaincu comme D’Argenlieu qu’on ne peut pas négocier avec un communiste. L’Amiral préconise la solution Bao Dai pour faire évoluer le Viet-Nam. Celui-ci ne parvient pas à imposer son autorité.

La guerre d’Indochine commence mal pour les troupes françaises obligées d’abandonner Langson en octobre 1950. Face à la gravité de la situation, le gouvernement français envoie le général de Lattre le 17 décembre 1951. L’autorité et le prestige du général semblent réussir. Le corps expéditionnaire remporte deux victoires défensives Vinh Yen et Dong Trieu. De Lattre met sur pied une armée vietnamienne pour combattre aux côtés des Français. Mais la mort sur le front indochinois de son fils Bernard, son cancer l’obligent à quitter l’Indochine le 19 novembre avant de mourir à Neuilly le 11 janvier 1952. La situation en Indochine ne cesse de se dégrader pour les Français, jusqu’à la défaite de Dien Bien Phu en mai 1954. La conférence internationale de Genève qui se réunit en juillet 1954 sous le gouvernement de Pierre Mendès-France met fin à la guerre franco-indochinoise. La France se désengage pendant que la Chine impose à Hô Chi Minh une division du territoire à hauteur du 17e parallèle pour éviter une intervention américaine. Des élections libres doivent permettre la réunification mais le gouvernement sud vietnamien refuse d’être lié par les accords de Genève le 21 juillet 1954.

La guerre franco-indochinoise qui dure sept ans et sept mois n’est pas populaire en France et l’opinion est soulagée après Genève même si le MRP et une partie des modérés qualifient Mendès-France de « bradeur d’Empire ». La guerre d’Indochine qui est soutenue financièrement par les États-Unis est une guerre de militaires de carrière et la défaite est durement ressentie par des hommes comme Salan ou Bigeard, qui ne veulent pas connaître les mêmes humiliations en Algérie, quelques années plus tard.

Les indépendances du Maroc et de la Tunisie

La politique française au Maroc est faite là aussi de graves malentendus. Le parti nationaliste l’Istiqlâl publie en janvier 1944 un manifeste réclamant la fin du protectorat. Le général Juin, arrivé en mai 1947, pratique une politique d’autorité et, comme le Sultan Mohammed ben Youssef refuse d’intégrer le Maroc dans l’Union française, il joue le Glaoui, Pacha de Marrakech, contre lui. Menacé d’être déposé, le Sultan accepte en février 1951 de désavouer l’Istiqlâl mais en appelle à l’opinion internationale. La politique marocaine de la France est vivement dénoncée par la Ligue des nations arabes. La question marocaine est portée à l’ONU. Le général Guillaume, qui remplace le général Juin, adopte des positions de fermeté pendant que le parti de l’Indépendance se radicalise. Le 14 mars 1952, le Sultan demande l’ouverture de négociations sur le statut du Protectorat, proposition refusée par le général Guillaume. Casablanca connaît de graves émeutes les 7 et 8 décembre 1952. Le gouvernement est mis devant le fait accompli par les agissements de la Résidence qui est à l’écoute des opposants à l’ouverture. Le Sultan est arrêté le 19 août 1952 sur ordre de la Résidence et remplacé par Moulay Arafa ce qui provoque la résistance et le terrorisme. Le gouvernement d’Edgar Faure est contraint de rappeler le Sultan précédemment envoyé en exil à Madagascar. Les accords de la Celle-Saint-Cloud, négociés par Antoine Pinay alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’Edgar Faure et Sidi Mohammed, futur Mohammed V, le 6 novembre 1955 prévoient « l’ouverture de négociations destinées à faire accéder le Maroc au statut d’État indépendant, uni à la France par les liens permanents d’une interdépendance librement définie et consentie ». De retour dans son pays, le Sultan est accueilli triomphalement. Les négociations se concluent à Paris le 2 mars 1956. Le Maroc devient indépendant.

La période est également marquée par la fin du protectorat tunisien. Là aussi une politique de fermeté n’aboutit qu’à une radicalisation des revendications. Les débuts sont cependant positifs. De retour en Tunisie le 8 septembre 1949, le leader nationaliste Bourguiba présente à Paris un programme en avril 1950 réclamant l’indépendance. Louis Périllier qui est nommé Résident constitue un ministère avec des représentants du Néo Destour sous la présidence de Mohamed Chenik. Les négociations finalement n’aboutissent pas. On craint la contagion de la Libye qui proclame son indépendance le 24 décembre 1951. Louis Périllier est remplacé par Jean de Hauteclocque. C’est l’épreuve de force. Habib Bourguiba est placé en résidence surveillée à Takara, Chenik est arrêté. La radicalisation des nationalistes tunisiens s’accentue après l’assassinat du leader syndicaliste Ferhat Hached. La question tunisienne est portée à l’ONU. Le remplacement de Hauteclocque par Pierre Voizard en septembre 1953 ne résout rien. Le 30 juillet 1954 Pierre Mendès-France préconise le retour à une politique d’autonomie interne mais son gouvernement fut renversé avant que ces négociations n’aboutissent. C’est son successeur Edgar Faure qui reprend le dossier. Le 21 avril 1955 un protocole d’accord est signé. Les conventions franco-tunisiennes consacrent l’autonomie interne transformée en indépendance, le 20 mars 1956.

La politique menée au Maroc et en Tunisie affaiblit la position internationale de la France alors que s’ouvre à Bandoung en 1955 une conférence réunissant des États africains et asiatiques. La politique française est critiquée à la fois par les défenseurs de l’Empire français et par les nationalistes. Faite d’atermoiements, obligée de couvrir les agissements du parti colonial, cette politique ne grandit pas l’action des gouvernements. Ceux-ci sont également gênés par l’indifférence ou l’incompréhension de l’opinion française devant une évolution internationale inéluctable alors que perdure le mythe républicain de la « mission civilisatrice » de la France.

La guerre d’Algérie

Guy Mollet à Alger - 1956

C’est la plus tragique des guerres coloniales qui va précipiter la chute de la IVe République. L’Algérie n’est pas considérée comme une colonie comme les autres avec la présence sur son territoire d’un million de Français qui refusent toute évolution vers la constitution d’un État autonome au sein de l’Union française. Le statut de 1947 qui prévoit le double collège est détourné à cause des truquages et des malversations empêchant les candidats nationalistes, au demeurant fort divisés entre plusieurs courants, d’être élus. Le 1er novembre 1954 le Front de libération nationale, FLN, déclenche un soulèvement. Le gouvernement de Pierre Mendès-France envoie des troupes pendant que François Mitterrand, ministre de l’Intérieur déclare « L’Algérie, c’est la France ». La politique d’intégration qui vise à réaliser l’égalité entre Français et Algériens correspond à l’idéal assimilationniste républicain, bien éloigné des revendications d’indépendance du FLN. Par ailleurs, les Français d’Algérie refusent la politique d’assimilation qui doit se traduire par la création d’un collège unique. Les émeutes du Nord Constantinois le 20 août 1955 donnent une nouvelle ampleur au drame algérien. Le FLN réussit à radicaliser le conflit en provoquant une cassure entre les deux communautés. Guy Mollet président du Conseil socialiste se rend en Algérie dès le 6 février 1956 où il est accueilli par des jets de pierres et de tomates. Troublé par la révélation du problème, sensible aux inquiétudes des Français d’Algérie qui craignent l’abandon, il préconise le processus suivant : « cessez-le-feu, élections, négociations ». Mais le préalable du « cessez-le-feu » n’est pas acceptable pour le FLN et il en découle le choix, par la France, d’une politique de force. Le gouvernement de Guy Mollet envoie le contingent, ce qui trouble la conscience de nombreux socialistes et hommes de gauche. Robert Lacoste, ministre-résident, laisse faire le pouvoir militaire qui devient un acteur principal du conflit alors que le gouvernement est obligé de couvrir le détournement par l’armée de l’avion marocain qui transportait plusieurs dirigeants algériens, dont Ben Bella, empêchant ainsi toute négociation. L’armée française quadrille difficilement le pays et en janvier 1957 commence ce que l’on appelle « la bataille d’Alger » qui est la réponse à la série d’attentats du FLN. Le général Massu, à la tête d’une division de parachutistes, ramène le calme à Alger au prix de nombreuses arrestations, de contrôles qui s’accompagnent de tortures qui commencent à être dénoncées. En février 1958, l’armée française bombarde le village tunisien de Sakhiet où les troupes du FLN trouvent refuge. 69 morts dont 21 enfants suscitent la réprobation internationale. Le gouvernement Félix Gaillard est mis en minorité pour avoir accepté les bons offices anglo-américains. La IVe République est désormais à la dérive.

Guerre d'Algérie : opération policière dans la Casbah d'Alger - 1956

La chute de la IVe République

La situation ne cesse d’empirer car aucune des formations n’est capable de prendre en main le conflit algérien et d’imposer une politique. Les partis sont tous divisés et les positions se raidissent. À gauche on ne pardonne pas à Guy Mollet sa politique algérienne qui a favorisé l’extension du conflit même si c’est aussi sous son gouvernement que Gaston Defferre, ministre de la France d’outre-mer, fait voter la loi cadre du 23 juin 1956 qui amorce des réformes de structure conduisant vers l’autonomie des territoires africains. À droite on s’organise autour de groupes ultras. En 1956 le gaulliste Soustelle, le radical André Morice, le MRP Georges Bidault et l’Indépendant Roger Duchet créent l’Union pour le Salut et le Renouveau de l’Algérie française. L’armée fait de l’activisme en Algérie. Le 13 mai 1958, Pierre Pflimlin se présente devant l’Assemblée nationale à l’issue d’une ultime crise gouvernementale comme la IVe République en connaît depuis ses débuts. À Alger on le considère comme le partisan d’une politique d’abandon et on constitue un Comité de Salut public de l’Algérie française dirigé par Salan, commandant en chef de l’armée d’Algérie. Le 15 mai, Salan sous l’influence du gaulliste Delbecque et du général Massu lance un appel au général de Gaulle pendant qu’à Paris Pierre Pflimlin est investi largement par peur des événements. Il forme un gouvernement de vaste union nationale. Il est obligé de céder la place au général de Gaulle quinze jours plus tard.

de Gaulle et René Coty à l'Élysée en 1958

L’idée d’un recours à un Sauveur comme le général de Gaulle a très largement progressé pendant le mois de mai chez les militaires comme dans les milieux politiques. Les gaullistes comme Michel Debré, Jacques Soustelle, Jacques Chaban Delmas ou Léon Delbecque pensent que la crise du régime peut favoriser son retour. De Gaulle reçoit la visite des dirigeants des principaux partis comme Antoine Pinay le 22 mai, Guy Mollet le 25 mai et enfin Pierre Pflimlin dans la nuit du 26 au 27 mai. Le général de Gaulle après avoir assuré ses interlocuteurs de ses convictions républicaines et démocratiques fait une déclaration le 27 annonçant qu’il a entamé « le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain ». L’armée renonce alors à l’opération « Résurrection » qu’elle avait projetée. La guerre civile est évitée. Le 29 mai le président Coty affirme sa confiance dans la personne du général de Gaulle.

Le 1er juin, il est investi par 329 voix contre 250, le 2 son gouvernement reçoit les pleins pouvoirs pour une durée de six mois, le 3, le pouvoir de réviser la constitution lui est accordé.

Le processus d’élaboration d’une nouvelle république est désormais engagé, ponctué par le référendum sur l’adoption de la nouvelle constitution le 28 septembre, les élections d’une Assemblée législatives les 23 et 30 novembre marquées par une poussée des gaullistes et l’élection de de Gaulle à la Présidence de la nouvelle république, le 21 décembre.

Discours de de Gaulle, le 4 septembre 1958

La guerre d’Algérie se prolonge encore quatre ans, avant que ce pays n’accède à l’indépendance par les accords d’Evian du 19 mars 1962. Le général de Gaulle, après sa déclaration ambiguë du 4 juin 1958 devant les Européens d’Alger, « je vous ai compris », procède par étapes. Le 16 septembre 1959, c’est la reconnaissance du droit à l’autodétermination, le 4 novembre 1960, il parle de « la république algérienne » ; les partisans de l’Algérie française répondent par la semaine des barricades du 24 au 31 janvier 1960 à Alger, puis par le putsch des généraux le 22 avril 1961, mais 90 % des Français approuvent par référendum les accords d’Evian.

Conclusion

Le bilan de la IVe République est plus nuancé que celui qui ressort de son image négative accentuée par les conditions de sa chute. La IVe République n’avait guère de défenseurs en 1958 et les gaullistes au pouvoir n’ont rien fait bien entendu pour rectifier cette image. Elle a à son passif le dysfonctionnement de ses pratiques institutionnelles, il lui a manqué aussi des majorités fortes, elle n’a pas su régler les problèmes de l’inflation chronique, des déficits budgétaires et surtout elle n’a pas su apprécier la force des revendications des peuples colonisés. Cependant c’est sous la IVe République que la France connaît la modernisation de son économie et de sa société, les débuts d’une construction européenne fondée sur la réconciliation franco-allemande. La mal aimée a souffert de sa fin peu glorieuse.

Sylvie GUILLAUME
Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université Michel Montaigne-Bordeaux III
 

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